Les Restos du Coeur des Vans
Les Restos ont lancé leur 39ème campagne. Le contexte inflationniste a très sensiblement aggravé la précarité. L’augmentation est uniforme sur toutes les catégories de publics. Au Vans (sud de l’Ardèche), des dizaines de bénévoles s’impliquent pour faire face à une attente de demandeurs au profil spécifique.
Les Restos du Cœur des Vans ont donc récemment déménagé pour s’installer dans une ancienne coopérative fruitière. Parfaitement adaptée pour réceptionner et gérer les stocks comme pour accueillir et servir les demandeurs, une vingtaine de bénévoles en assure le bon fonctionnement chaque jeudi. Ils sont en fait 67 à se relayer suivant les besoins, démontrant la bonne santé d’un bénévolat indispensable pour la bonne marche du centre, chacun s’impliquant avec rigueur et efficacité dans un rôle bien défini tout en faisant preuve de la plus grande attention et d’une bonne humeur communicative.
Les Restos du Cœur des Vans, à l’instar des autres Restos, mène son combat contre la précarité comme une armée qui dominerait son adversaire sans être sûre d’avoir assez de munitions. Ce centre habilement géré par Annie Perceval vient d’entamer sa campagne d’hiver avec une augmentation sensible du nombre d’inscrits (250 en 3 semaines, 407 à la fin de l’été), en phase avec la tendance nationale. Seulement, pour faire face à cet afflux de nouveaux demandeurs et faute de moyens suffisants pour satisfaire tout le monde, ici, comme partout dans le pays, le montant du barème d’hiver pour être éligible à l’aide alimentaire a dû être rabaissé. Et les Vans a une particularité ; ces refus concernent seulement 10% des demandeurs contre 30% dans les autres Restos ardéchois. C’est-à-dire que l’aide s’adresse ici à des demandeurs plus précaires que dans le reste du département. Autre spécificité vanséenne ; le profil de ses demandeurs va à l’encontre de la tendance générale dont l’augmentation est uniforme dans toutes les catégories de publics ; aux Vans le profil des demandeurs se révèle majoritairement composé de retraités, de personnes âgées, tient à préciser Annie Perceval.
Contrairement à une idée reçue, les Restos du Cœur achètent une grande partie des denrées et objets qu’ils distribuent. Sur le plan national le budget a même doublé en trois ans. Les soutiens locaux sont donc les bienvenus. Récemment aux Vans, la Biocoop de Chambonas a offert 1500 euros sous forme de bons alimentaires et de produits d’hygiène. Pour le Super U de Ruoms se sera une palette complète de jouets neufs pour les fêtes de Noël. D’autres enseignes s’impliquent elles aussi avec générosité.
Les restos du cœur sont nés d’une indignation face à l’inacceptable. On se souvient de Coluche qui, à l’origine, voulait faire sponsoriser une cantine gratuite pour quelques milliers de repas par jour. C’était au siècle dernier. Un autre millénaire. Désormais, pour la seule saison 2022/2023, Patrice Drouet, le Président des Restos du Cœur confirme que ce sont 171 millions de repas qui ont été distribués pour 1,3 millions de personnes, soit 200 000 de plus que pour l’année précédente, et que ce nombre augmente dans toutes les catégories de demandeurs. Avec l’inflation, la précarité gagne du terrain. Patrice Drouet en appelle à encourager de façon forte et déterminée la générosité et l’engagement de tous. En attendant, aux Restos du Cœur des Vans, les 67 bénévoles s’affairent déjà à préparer les fêtes de Noël pour des centaines de personnes.
Jean-Marie BAYLE
