Banne la rebelle

Banne, La Rebelle

Notre ami Jean-Marie Bayle nous offre le superbe récit de la vie de ses grands-parents, Paul et Marie-Françoise. Paul fut maire de Banne pendant la guerre de 1940. Intitulé, Banne, la rebelle, ce roman biographique ou récit romancé nous fait traverser un siècle de notre histoire, du milieu du XIXe siècle (1868 : naissance de Marie-Françoise à Banne) à celui du XXe siècle (1944 : bataille de Banne).

Peignant admirablement bien la nature, tel un peintre de la Renaissance, floutant les ruines du château de Banne pour mettre en lumière le visage de sa grand-mère ou un paysage d’oliviers, analysant finement les sentiments d’une veuve amoureuse d’un homme plus jeune qu’elle, Jean-Marie Bayle révèle un style maîtrisé et séduisant : « Tout commençait par une série de terrasses soutenues par des murets en pierre sèche…puis des escouades de châtaigniers dégringolaient avec insouciance jusqu’aux abords de la plaine… ».

Le père de Marie-Françoise était ingénieur aux Mines de Besseges. Il fut invité à remplir une mission de conseil en Algérie en 1876 auprès des Mines de fer de Beni-Saf à 100 km d’Oran, au moment où la ville voisine de Banne, Saint-Paul-le-Jeune accueillait son premier train. Marie-Françoise, âgée de 8 ans quitte Banne pour l’Algérie. Nous vivons la colonisation à travers ses yeux.

Du Procope au Café de la Paix, l’auteur fait revivre pour nous le Paris de la Belle Epoque, celui d’avant la guerre de 14 - on y entend même l’Oiseau de Feu de Stravinski donné à l’Opéra Garnier- jusqu’ à cette période dramatique des cinquante-quatre noms gravés sur le monument aux morts du village de Banne.

« À la fin des années 30, le village semblait encore vivre sur la dynamique de sa grande époque, tout au moins il s’efforçait d’en maintenir l’impression. La crise économique avait fortement enrayé l’exploitation des mines. Il ne restait à Banne que 13 mineurs en 1936 contre 104 à la fin du XIXème siècle. La sériciculture, dont les heures de gloire remontaient pour elle aussi au siècle précédent, fut définitivement emportée par les épidémies et une forte concurrence. Quant aux châtaigneraies, elles furent ravagées par un redoutable chancre ».

Le 11 novembre 1942, la zone libre ne l’était plus. Commence alors la mission héroïque du maire de Banne et de tout un village.

À lire, de toute urgence : Jean-Marie Bayle nous rappelle que nous devons notre liberté à des hommes et des femmes qui ont su être plus grands que ce qu’ils se croyaient.

Béatrice Rigaud-Juré, Vice-Présidente