« Un général baroudeur ardéchois élu à l’Academie des Sciences d’Outre Mer »

UN GÉNÉRAL BAROUDEUR ARDÉCHOIS ÉLU

À L’ACADÉMIE DES SCIENCES D’OUTRE MER

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Jean-Pierre Faure est un Ardéchois dont le père était originaire de la vallée de L’Eyrieux (Saint Martin de Valamas) et la mère de Saint Genest de Beauzon, canton de Joyeuse, où du reste il est né en 1935. Il s’est laissé dire que la Société amicale des Ardéchois à Paris n’était pas pour rien dans cette rencontre dans les années trente de deux exilés en région parisienne.

Sans titre 2017

 

Entré à Saint-Cyr en 1954, option lettres histoire-géographie, il fit une carrière militaire de 40 ans qui lui permis à la fois de voyager et, ipso facto, de pratiquer diverses langues au cours de ses pérégrinations. A noter toutefois une insuffisance certaine en ce qui concerne le patois local. De 1956 à 1962, l’Armée l’envoya en Algérie, tout particulièrement dans l’Aurès où il passa 45 mois au total. Chef de section de combat en montagne, chef de peloton motorisé dans le nord du Sahara, officier parachutiste, instructeur, commandant de compagnie mais aussi cartographe, administrateur, constructeur de route et de village de harkis à l’occasion, agent de recensement des hommes et des cultures, ethnographe de circonstance, telle fut sa vie de nomade, volontairement toujours avec des appelés du contingent, dans les conditions que l’on sait. De ce pays et de sa population, qui du reste parlait plutôt le berbère que l’arabe, et qu’il a parcouru de toutes parts, en camion, en jeep, en hélicoptère et surtout à pied, avec ou sans mulets, il garde un souvenir ébloui et le regret d un vaste et indicible gâchis.

Affecté ensuite à Verdun; il a vécu l’évolution d’une armée laborieusement reconvertie dans le cadre matériel d’une guerre éventuelle face à l’armée du régime soviétique. Servant dans un régiment motorisé, il lui fallait dans les années soixante « penser à 40/50 à l’heure » la manoeuvre tactique, puis, dix ans plus tard, dans une unité aérotransportée, penser cette même manoeuvre à 3 km/minute, la vitesse de son hélicoptère. En temps de paix, la vie d’un officier alterne le service dans la troupe, en école de l’infanterie, à Montpellier à l’époque, et celui en état-major. Pendant son détachement d’un an en 1966-67 en stage d’état-major aux Etats-Unis, le spectacle, vu de l’intérieur, de la montée en puissance des forces armées et de la spirale de l’engagement politique américain au Vietnam a été une expérience unique. En onze mois le contingent US est passé de 100 00 à 500 000 hommes.

Après un mariage en 1971, avec une géographe cela va de soi, l’âge venant et le brevet de l’Ecole de Guerre acquis en 1977, un dernier temps de troupe après deux ans de service comme officier d’état-major « opérations », débouche sur une période finale d’une douzaine d’années qui va se révéler totalement inédite…. et imprévue. Il va s’agir, au ministère de la Défense, dans un maelstrom politico-diplomatico-militaire, propice aux voyages et aux conférences internationales, de suivre en direct  l’effondrement moral, économique et militaire de l’Union soviétique. L’émergence d’un monde nouveau s’accompagne, si l’on peut dire, des guerres moyen-orientales habituelles, de celle d’Afghanistan, de celle des Malouines, des luttes africaines, de l’explosion yougoslave et finalement de celle de l’URSS.

La retraite venue, c’est un général de brigade, officier de la Légion d’Honneur, commandeur de l’Ordre national du Mérite, croix de la Valeur Militaire (trois citations) qui quitte le service.

Il était temps de passer à autre chose : Adhérer à l’Amicale des Ardéchois, bien sûr, contribuer à quelques ouvrages militaires, s’intéresser au Caucase, une autre montagne à connaître après les Cévennes et l’Aurès, gravir enfin le Snaefelljokul en Islande (c’est de la montagne à vaches!) et tremper ses pieds au Cap de Bonne Espérance après l’avoir fait à Valparaiso et à Hong Kong. Revenir un demi-siècle en arrière en Algérie et se passionner pour l’épigraphie romaine de l’Aurès, étudier les dessous tragiques de l’année 1944 en France, commenter les évolutions techniques de la guerre électronique et, depuis 2008, être un correspondant actif de l’Académie des Sciences d’Outre-mer et d’en être élu membre titulaire cette année.

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