L’Ardèche parisienne n°1093 – Hiver 2018 : Mot du Président – Nuit du Vivarais 2018 – Le mentorat – Sauvons les vieux ponts ardéchois !

MOT  DU  PRÉSIDENT

Plusieurs événements ont marqué la vie de notre amicale depuis décembre dernier.

 Le 17 décembre d’abord, où nous avons vu, pour le Noël des enfants ardéchois au Cirque Bormann Moreno « les yeux des petits riboulant de tendresse », pour reprendre un vers de Léo Ferré. Plus de 60 personnes étaient présentes cette année avec notamment des familles présentées par le Secours Populaire. Vous trouverez un compte- rendu de cet événement et quelques photos en page 5.

 Le 29 janvier, nous avons commencé l’année avec notre traditionnelle « Nuit du Vivarais » qui s’est tenue au restaurant le Barramundi. Une centaine d’entre nous a assisté à cette soirée très festive.

Nous avons été honorés par la présence de Fabrice Brun, député de l’Ardèche.

La soirée était consacrée cette année aux activités du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche. L’équipe de direction – Madame Lorraine Chenot présidente, Caroline Muller directrice et David Moinart directeur artistique – s’est déplacée du siège de Jaujac pour nous expliquer le projet de la ligne de Partage des Eaux. Les œuvres d’art qui jalonnent dorénavant ce cheminement nous ont été présentées. Vous trouverez en page 2 un compte-rendu de cet événement par Béatrice Rigaud-Juré et en page 3 un article de Benoît Pastisson sur la genette, cet animal mythique qui a été à sa création l’emblème du Parc des Monts d’Ardèche.

Les événements à venir seront nombreux cette année. Tout d’abord trois visites au cours du premier semestre :

  • Le 7 avril l’hôtel de Lauzun, sur l’île Saint-Louis.

  • Dans le courant du mois de mai, à une date à préciser ultérieurement, une visite du ministère des affaires étrangères qui sera assurée par Richard Flahaut, conservateur et historien de l’hôtel Matignon que vous avez eu l’occasion de rencontrer l’année dernière lors de la visite de la demeure de notre premier ministre.• Au mois de juin, également à une date à préciser, une visite de la ZAC des Batignolles et du nouveau palais de justice, par Bernard Roth qui nous avait présenté en 2017 la ZAC Rive Gauche et le quartier de la Grande bibliothèque.

  • Par ailleurs, le 23 juin prochain, certains cyclistes de notre amicale participeront de nouveau à la fameuse course cycliste l’Ardéchoise. Les Ardéchois à Paris tiendront un stand à l’arrêt du mont Gerbier-des- Joncs pour nous faire connaître auprès des milliers de cyclistes parisiens amoureux de l’Ardèche qui viennent chaque année participer à cette course.

  • Enfin, le jeudi 3 août, notre sortie d’été aura lieu dans « l’Ardèche à l’huile » à Bannes, au sud des Vans.

 Ainsi, respectant ses traditions, notre Amicale mélange convivialité, entraide et découvertes patrimoniales. En se renouvelant, notre équipe reste dans la continuité de sa devise : « Ardéchois, cœur fidèle ! »

 Philippe AUZAS

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NUIT DU VIVARAIS 2018

Philippe Auzas, président de l’amicale des ardéchois (AAP) à Paris et grand amateur de vins de Champagne et de la vallée du Rhône nous accueillait au bar du Barramundi. Mordoré et tout en longueur, tel un splendide vaisseau permettant au Moët-et-Chandon de couler à flots, le bar embarqua tous les ardéchois de Paris pour une belle soirée amicale.

Épreuve d’initiation, la descente du très bel escalier à volée dont tira profit, en fin politique, M. Fabrice Brun député de l’Ardèche (3ème cir- conscription d’Aubenas). Il dit son plaisir à nous rejoindre et à nous présenter Mme Lorraine Chenot, présidente du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche (PNR).

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On aperçut, parmi la centaine de participants, quelques très belles tenues. À noter une robe prune près du corps avec boléro de Clélia et l’élégant ensemble d’Orietta. Nous les élisons a posteriori « reines de la nuit ». Et toujours quelques cravates et foulards de la Maison Hermès, maison qui nous est chère, tout ardéchois étant attaché viscéralement à la soie.

La fintech ardéchoise était là. La banque était particulièrement bien représentée avec le groupe des jeunes financiers (qui englobe naturellement les financières) emmené dans une joyeuse sarabande par Olivier. Le réseautage aura certainement produit ses fruits !

Etaient aussi présents Pierre, célèbre et discret blogueur ainsi que Claude, actif youtubeur et webmaster du site de l’AAP.

 L’exposé passionnant de Mme Lorraine Chenot, présidente du PNR des Monts d’Ardèche et de la directrice du Parc permit à chacun de découvrir l’actualité de la vie économique des Monts d’Ardèche (PNR labellisé Géopark mondial UNESCO) et cette époustouflante réalisa- tion artistique « Le partage des eaux ». Il s’agit d’un parcours artistique d’une centaine de kilo- mètres à travers les Monts d’Ardèche, reliant des points de vue entre 1700 m et 200 m d’altitude le long de la ligne du partage des eaux entre Atlantique et Méditerranée, regroupant des communes du Vivarais et du Velay, magnifiant la diversité des paysages, des vallées, des productions et des populations grâce à une suite d’œuvres d’art pérennes, confiées à des artistes de renom de la scène internationale et réalisées à l’aide d’artisans locaux. Ce par- cours constitue une formidable entreprise col- lective qui veut s’inscrire dans cette Histoire de l’art dont les premiers artistes au monde furent nos ancêtres de la Caverne du Pont d’Arc.

Capture d’écran 2018-03-25 à 17.32.36Madame Lorraine CHENOT et l’artiste VARINI

Entreprise collective qui fit le pari qu’en Ardèche, il est possible de regrouper autour d’un projet inoui la communauté de communes Montagne d’Ardèche, le syndicat mixte de la Montagne Ardéchoise, les administrateurs de l’UNESCO, du ministère de la culture et de la D.R.A.C, les élus du conseil régional Auvergne- Rhône-Alpes, des conseils départementaux de la Haute-Loire et de l’Ardèche mais aussi mécènes industriels, menuisiers, vitriers, agri- culteurs, éleveurs, restaurateurs, hôteliers, club de marcheurs, habitants, scolaires et des financements de l’Union européenne !

Pour ceux qui n’ont pas encore pu s’émerveiller sur le parcours du Partage des Eaux au cours de l’été 2017, rien n’est perdu, y aller à pied, à vélo ou en voiture. 2018 proposera une œuvre de plus à l’abbaye de Notre-Dame-des-Neiges.

Liste des œuvres :

1. « De l’autre côté » de Stéphane Thidet à la Chartreuse de Bonnefoy, Le Béage

2. « 1020 » d’Olivier Leroi à Sainte-Eulalie

3. « La Tour à eau » de Gilles Clément
à la Chaumasse à Sagnes-et-Goudoulet

4. « Un cercle et mille fragments » de Felice Varini à l’Abbaye de Mazan

5. « Le phare » de Gloria Friedmann à Borne

6. « Courant » de Huang Yong Ping
à l’abbaye de Notre-Dame-des-Neiges à Saint-Laurent-les-Bains (été 2018)

Un seul site à consulter : www.pnrma.fr

Merci Philippe, merci Odile. Ne manquait que la musique ! Nul doute qu’en 2018, un DJ fera danser la jet-set ardéchoise !

Béatrice Rigaud-Juré, vice-présidente

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LE MENTORAT

Olivier Chaussy, le dynamique animateur des Ardéchois de la finance, a eu la bonne idée de rassembler autour d’un petit-déjeuner convivial, le 19 janvier dernier, des anciens et des jeunes originaires de notre département pour que ces derniers profitent de l’expérience professionnelle des premiers.

Le mentorat (en anglais mentoring) n’est pas un anglicisme puisqu’il nous vient d’un personnage de “L’Odyssée” ! Lorsqu’ Ulysse part à la guerre, il confie son fils Télémaque (conçu avec Pénélope) à son ami Mentor pour que celui-ci devienne son précepteur et l’accompagne de ses conseils dans la vie. Par extension, ce terme a été capté par le monde de l’entreprise et notamment aux États-Unis pour devenir une technique de management, le « mentoring ». Le mentorat consiste donc à faire bénéficier le mentoré de l’expérience d’un mentor, notamment dans les affaires, et de son entregent.

Delphine Bartre, membre de notre amicale et banquière expérimentée nous a fait un exposé des principes qui gouvernent cette relation de confiance. Le mentorat est un contrat basé sur le volontariat, la confiance et le respect mutuel. Il s’agit d’un en-agement personnalisé et limité dans la durée. Il est de nature confidentielle. Le mentorat doit permettre au mentoré de réfléchir à son projet professionnel, à son évolution de carrière en bénéficiant d’une écoute bienveillante, des conseils et de l’expérience du mentor. C’est quelquefois un moyen d’accompagner l’intégration dans une nouvelle fonction ou dans une nouvelle entreprise, de réfléchir à un diplôme. C’est souvent, aussi, le moyen de béné- ficier du réseau(1) du mentor.

Concrètement, au sein de notre amicale, beaucoup d’entre nous ont des postes de responsabilité dans les entreprises ou des « jeunes retraités » ont gardé un pied dans la vie des affaires et ont toujours accès à un réseau. Nos jeunes adhérents qui en expriment la demande doivent pouvoir ainsi être mis en contact avec un mentor potentiel. C’est une forme de solidarité active ainsi qu’une raison d’être de notre amicale.

Dans notre site bientôt rénové, une rubrique « mentorat » sera créée et permettra de rapprocher les demandes des mentorés de mentors potentiels. Merci à Olivier et à Delphine de nous avoir montré le chemin. La présentation de cette dernière peut être consultée ici.

Après une discussion animée sur ce thème, Olivier nous a proposé d’utiliser le format du petit-déjeuner afin de nous retrouver régulièrement sur des sujets qui peuvent intéresser les jeunes professionnels. Ainsi le prochain petit-déjeuner se tiendra au café Zimmer, place du Châtelet. Le thème en sera : « faire carrière dans la communication ». Il sera animé par Jean-Louis Balandraud.

Philippe Auzas

(1)Digression sur la notion de réseau (networking en anglais) : il est inté- ressant de lire la première page du numéro 2 de notre journal daté du 21 janvier 1900 et l’éditorial du président de l’époque sur la publicité et la mise en place d’un réseau des Ardéchois à Paris ! « Plus ça change ……….

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SAUVONS LES VIEUX PONTS ARDÉCHOIS  !

Capture d’écran 2018-03-25 à 17.34.14

L’un des grands symboles de l’Ardèche est un pont naturel, le pont d’Arc. Mais derrière cet arbre se cache une forêt de ponts extraordinaires. Malheureusement, nombre d’entre eux sont délaissés, tombent en ruines, et menacent de s’écrouler. Il semble important de réagir pour sauver ce patrimoine qui, quand il est réhabilité, attire de nombreux touristes et apporte de la fierté au département.

Le Pont d’Arc est bien différent des autres : c’est le seul pont qui n’a pas été construit par des mains humaines. Si la région était autant parcourue par les hommes dès la Préhistoire, c’est parce que le Pont d’Arc était utilisé comme moyen pour franchir l’Ardèche. Au début du XVIIe siècle, on y a même fait passer des armées. Mais le chemin qui enjambait cet arc est aujourd’hui fermé, pour des raisons de sécurité. Si ce pont naturel est le plus ancien du département, le premier fait par l’homme date du mégalithique et se trouve au hameau du Prieuré, à Lablachère. Il est constitué de bloc de grés. Il n’est pas haut, 1,8 m du sol au maximum, mais en période d’eau abondante, il permet d’éviter de se mouiller en passant à gué. Son architecture évoque les dolmens, nombreux dans la région.

Les ponts romains qui nous sont parvenus sont rares, mais il en existe encore quelques-uns : on peut dater de cette période avec certitude le pont situé au Pouzin (toujours en activité), le pont de Viviers sur l’Escoutaÿ et le vieux pont de Tournon sur le Doux qui est intégré à un barrage. Quant aux nombreux autres ponts dits « romains » du département, ils datent souvent du Moyen-Âge, même s’ils peuvent avoir été reconstruits à l’emplacement d’un pont plus ancien. En effet, beaucoup de ponts ont été régulièrement emportés par les épisodes dits cévenols. Certains d’entre eux ont été recons- truits plusieurs fois au cours de l’histoire, sou- vent en enlevant des arches et en les mettant plus hauts quand c’était possible pour être bien au-dessus des fortes crues.

Entre le Moyen-Âge et l’arrivée du béton, les nombreuses vallées ardéchoises étaient habitées par une population dense, très mobile aussi. D’une part, il fallait transporter les marchan- dises produites dans toutes les campagnes, et n’oublions pas que la vallée du Rhône étant marécageuse, les convois faisant le chemin entre le nord et le sud de la France passaient par l’Ardèche. On comprend mieux pourquoi l’Ardèche est le département de France où l’on dénombre le plus de vieux ponts : un ouvrage d’Yves Morel, en 1999, avait comme titre « Le Département aux 2200 ponts », mais des décomptes plus récents arrivent autour de 2350 ! Les vieux ponts en pierres ont eu des destins divers : avec le développement des voitures à cheval, puis des automobiles, certains ont été abandonnés pour un pont plus large fait dans une route avec une pente plus douce, d’autres ont été élargis (création d’une plateforme en béton sur les voûtes), enfin d’autres ont été détruits. Dans d’autres situations, des ponts ont été abandonnés parce qu’ils desservaient des régions autrefois peuplées mais aujourd’hui abandonnées.

Depuis la seconde guerre mondiale, une petite partie de ceux qui étaient à l’abandon a été consolidée et remise en état. On pense au célèbre pont du Diable de Thueyts, mais aussi à plusieurs ponts sur le Lignon, dont le pont de l’Échelette qui a été récemment remis en état avec un environnement aménagé.

Mais pour quelques prises de conscience sui- vies de restauration, combien de ponts magnifiques sont aujourd’hui menacés d’effondrement ? Prenons un exemple sur la commune du Roux : à Vauclare, un ancien petit village complètement en ruines, le seul accès était un énorme pont avec une voute très impressionnante. On pouvait encore le franchir il y a une dizaine d’années, mais il serait inconscient de s’y aventurer aujourd’hui. Pourtant ce pont ma- jestueux, immense, est un reflet de la richesse de l’Ardèche. Sauver le pont de Vauclare, ce serait sauver ce qui a fait la puissance de ce département.

À Labastide-sur-Besorgues, le pont ancien en contre-bas du pont routier qui enjambe la Besorgues est utilisé l’été quotidiennement par des centaines d’estivants allant se baigner. Il faut se méfier, car des pierres éboulées au milieu du pont ont créé des trous, certes pas encore trop gros, mais pour combien de temps ?

Les ponts pouvaient avoir des fonctions différentes. Si le plus souvent ils étaient pour les hommes, il arrivait qu’ils soient construits pour l’eau. Les ponts béalières (pour mémoire, une béalière en Ardèche est un circuit d’irrigation construit par l’homme) sont souvent abandonnés, remplacés par des tuyaux inesthétiques. À Montpezat, pour rejoindre le bas de la fantastique cascade trop méconnue, il faut prendre un petit chemin et passer sur un pont béalière qui ne transporte plus d’eau depuis longtemps. Ce pont se dégrade d’année en année. Sur la Veyruegne, entre Saint-Pierreville et les Quatre Vios, un pont mixte, dessus pour les hommes, dessous pour l’eau, se détériore lentement mais sûrement.

L’eau, les rivières, et donc leur franchissement est pourtant une spécialité bien ardéchoise. Dans le hameau de Vilar, entre Burzet et le col de Moucheyre, une petite chapelle a été construite devant la maison de naissance de Jean de Tenanges, le constructeur au XIIe siècle du célèbre pont Saint-Bénezet, connu sous le nom de pont d’Avignon. Plus récemment, un autre Ardéchois s’est fait connaître en inventant et construisant des ponts suspendus : Marc Seguin, à Tournon.

Mesdames et Messieurs, élus du département, des communes, des communautés des communes, de la région, responsables du Parc des Monts d’Ardèche, sauvez les vieux ponts ardéchois. Ils ne sont pas le passé de l’Ardèche, ils sont l’Ardèche.

Benoît Pastisson

 

 

 

 

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