L’Ardèche Parisienne n°1090 – Printemps 2017 – Le mot du président sortant – Le mot du nouveau président – Assemblée Générale annuelle : rapport moral – Les chiffres cléfs de l’Ardèche – PHÉ-NO-MÉ-NAL – Un poète vivarois à la Cour de Louis XIV : Charles-Auguste de la Fare (1644-1712)

LE  MOT  DU  PRÉSIDENT  SORTANT

Chers compatriotes et amis,

 C’est avec émotion que je laisse la présidence de notre amicale. Mais nous avons des règles, et, en l’espèce, je suis particulièrement heureux de vous présenter notre nouveau président, Philippe Auzas, brillant avocat originaire d’Aubenas.

À chaque renouvellement, il nous faut un nouvel élan : son enthousiasme nous donne toutes garanties à cet effet.

Je sais qu’il pourra compter sur votre aide, la mienne lui est bien entendu acquise.

Pour l’Ardèche et notre amitié.

Pierre de Lauzun

LE MOT DU NOUVEAU PRÉSIDENT

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Chers amis ardéchois,

Le premier numéro de notre journal est paru le 28 décembre 1899.
Dans ce journal, le président de l’époque ,Monsieur Danet  précisait  » que chacun parmi les anciens répande notre journal autour de lui… En janvier 1899 nous étions 200, nous sommes aujourd’hui 300 ! Il faut que nous arrivions à doubler ce nombre avant la fin du XIXe siècle. »
Quelques années après, en 2016, nous sommes encore précisément 194 adhérents !

Quelle résilience a manifestée  notre association depuis plus d’un siècle !

 C’est un honneur pour moi d’en prendre la présidence  et de perpétuer ainsi la tradition et l’héritage culturel qui nous rassemble.
Je salue mon prédécesseur Pierre de Lauzun dont l’action a solidement renforcé notre association:
D’abord, par le maintien du nombre d’adhérents puis par le renouvellement des thématiques  telle que le groupe des ardéchois de la finance, par la variété des lieux de convivialité, notamment pour la nuit du Vivarais à la maison des polytechniciens, et d’une manière générale par la qualité des différents événements qu’il a organisés avec le bureau au cours de son mandat.
Je continuerai cette action avec toute notre équipe  et j’essaierai de procéder à de nouveaux développements notamment en liaison avec les acteurs économiques de l’Ardèche.
Il nous faudra également  continuer à rajeunir l’association en contactant par exemple les anciens élèves de différentes écoles et en adaptant nos événements aux jeunes actifs qui souhaitent garder le contact avec l’Ardèche .

En ce qui concerne les événements à venir, notre sortie d’été aura lieu le jeudi trois août à Tournon,où, après avoir visité la vieille ville avec nos amis de la société de la sauvegarde, nous prendrons  un repas convivial sur la terrasse du château et dégusterons les excellents vins de cette région  l’Ardèche tels que le Cornas, le Saint Joseph et le Saint Péray .

Certains d’entre nous participerons à « L’Ardéchoise » le 15 juin prochain, course cycliste maintenant de renommée mondiale . J’invite tous les sportifs de l’association à s’y inscrire.

Merci de votre confiance et à très bientôt

Philippe Auzas

 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ANNUELLE : RAPPORT MORAL

par Benoit PASTISSON

Secrétaire général de l’Amicale

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Chers amis,

 En tant que secrétaire depuis un an des Ardéchois à Paris, je rends hommage à mon prédécesseur, Yves Pézilla. Avec Pierre de Lauzun et Béatrice Rigaud-Juré, il a ouvert un chantier fastidieux, mais au combien nécessaire : la remise à jour des statuts. Nous repartons donc avec un fonctionnement dépoussiéré, plus adapté à ce que nous voulons aujourd’hui mettre en avant.

J’espère donc assurer honorablement la continuité, et ne pas vous décevoir. Dans cette nouvelle fonction que j’assume, il m’incombe de vous présenter aujourd’hui deux bilans : d’abord le rapport d’activités de l’année écoulée, qu’on appelle communément le rapport moral. N’en doutez pas, nos activités sont d’une morale irréprochable ! Puis je vous proposerai le rapport d’orientation qui présentera l’architecture des activités de l’année 2017.

 I) Le rapport moral

 L’association vient donc de rénover ses statuts. On y trouve maintenant 4 objets :

1°) établir des relations amicales et conviviales entre les membres, faciliter le concours mutuel que se doivent des compatriotes, soit en concentrant et   relayant les informations et renseignements utiles, soit en venant en aide aux   membres qui se trouvent momentanément dans une situation difficile.

2°) aider moralement et pécuniairement les œuvres de solidarité intéressant   l’Ardèche.

3°) aider ou promouvoir la création de toute œuvre sociale pouvant apporter un soutien à ses membres.

4°) soutenir les actions économiques et culturelles favorisant le développement de l’Ardèche.

J’espère qu’à la fin de la présentation du rapport moral, vous serez tous convaincus que tous ces axes ont été respectés.

 

J’ai construit la présentation du rapport moral en regroupant les activités sur des axes thématiques :

  • Le fonctionnement de l’association
  • La convivialité
  • La découverte du patrimoine ardéchois
  • Les actions mémorielles
  • La communication
  • La culture
  • L’entraide

Vous ne serez donc pas étonnés de constater que parfois, une même date ou un même événement peut se retrouver dans plusieurs rubriques.

 Le fonctionnement de l’association :

En 2016, notre AG s’est tenue le 19 mars. Elle a donné mandat aux membres du CA qui se sont réunis 4 fois : le 14 janvier, le 26 mai, le 15 septembre et le 17 novembre.

Bien sûr, une association ne fonctionne que si elle a des adhérents. En 2016, nous avions :

o   Nombre de cotisations reçues : 115 cotisations

o   Nombre d’adhérents : 175 membres

o   Dont nouveaux adhérents : 6 cotisations soit 8 membres

(Couple ou association : 50 €, Personne isolée : 40 €, Étudiants ou jeunes : 10 €)

Nous avons par ailleurs des entrées financières autres que les adhésions : une tombola, des subventions du département et des donations.

Enfin, pour la partie fonctionnement, n’oublions pas Céline Brière qui assure l’assistance administrative des Ardéchois à Paris. Céline habite dans la Ferme Volle, à Sainte-Eulalie.

 Le nombre de réunions et d’adhérents montre que notre association fonctionne avec régularité et transparence.

 

 Convivialité :

Comme il est indiqué dans les statuts, les bonnes relations entre les membres apparaissent dans le premier objet. A cette fin, plusieurs repas, ouverts à tous, sont organisés. En 2016, ils ont eu lieu le lundi 1er février (nuit du Vivarais), le 4 août (sortie d’été), le 14 octobre (repas de rentrée). D’autres repas ont été concoctés par Odile après les CA avec des produits du Vivarais. Odile a revisité les propos de Platon, les adaptant à notre association : elle a tout fait pour que nous ayons « un esprit sainement ardéchois dans un corps rempli sainement de produit ardéchois » ! Nous l’en remercions en faisant le dos rond comme un gerbier.

Ajoutons Le Noël des petits Ardéchois, qui s’est passé au Cirque Moreno Bormann en décembre 2016. Qu’il est bon pour une association sérieuse comme la nôtre de voir des clowns !

 

Découverte du patrimoine ardéchois :

Cette découverte s’ordonne autour deux axes :

La sortie d’été : nous avons visité Bourg Saint-Andéol ainsi que Saint Montan et les caves Gallety, toujours sur la commune de Saint-Montan.

Les conférences : la première, le 1er février, portait sur Les Ardéchois dans la Grande guerre par le général Faure, historien militaire. La seconde, le 14 octobre comptait les aventures d’Émile de Montgolfier, photographe au Japon de 1866-1873. Elle était proposée par Bernard et Marie Champanhet de Montgolfier à partir de la correspondance et des photographies d’Émile de Montgolfier, retrouvées en 2015. Ce dernier a participé à la construction d’un arsenal à Yokosuka dans la baie de Tokyo, aux côtés de son cousin Léonce Verny. Émile de Montgolfier raconte comment il prend part au négoce des graines de vers à soie pour sauver la sériciculture ardéchoise des désastres de la pébrine.

 

Action mémorielle :

Comme chaque année, nous avons commémoré le 11 novembre les Ardéchois qui ont combattu autour de Vernon. Remercions Philippe Auzas d’avoir rendu hommage, en faisant référence au poème de Rimbaud, le Dormeur du Val, aux trous rouges que des Ardéchois ont reçus dans cette niche de verdure qu’est la forêt de Bizy.

 

La communication :

Comme chaque année, nous avons publié 4 journaux, grâce à Gérard Ladreit de Lacharrière, Michel Fromentoux, Bernard Verny, François Egret.

Saluons aussi le travail chronophage réalisé par Claude Hédin qui fait vivre le site Internet de l’association. Enfin, nous avons été représentés à l’international par une ambassadrice particulièrement extraordinaire, puisque notre miss Ardèche était en 2016 Aliénor Pastisson.

 

Culture :

Plusieurs visites d’exposition ont été proposées, notamment le jeudi 16 juin 2016 : Albert Marquet, peintre du temps suspendu, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et le jeudi 24 novembre 2016, HODLER MONET MUNCH peintres essentiels de la modernité européenne, entre impressionnisme, post-impressionnisme et symbolisme, au musée Marmottan, visites faites par notre conférencière officielle, Valérie Denarneau Mayer.

 

L’entraide solidaire ardéchoise :

Deux bourses Jean Nohain ont été distribuées : Les bénéficiaires étaient Maëva BERNARDI et Timothée KRISCHAN

 

La longue liste que je viens de vous proposer montre que l’objet de l’association, dont j’ai donné le détail au début de cette présentation, a largement été respecté. Notre structure fonctionne bien, mais nous allons envisager dans le rapport d’orientation des impulsions nouvelles qui lui permettraient de ne pas s’enfoncer dans un roucoulement risquant de devenir soporifique à la longue.

 

 II) rapport d’orientation

 Le fonctionnement de l’association :

En ce 25 mars, l’AG va mettre fin aux fonctions de notre président, puisque nos statuts limitent son mandat à trois ans. Qu’un hommage soit rendu à Pierre de Lauzun, qui, en soufflant sur les poussières de nos statuts, a permis aux braises des volcans ardéchois d’illuminer de nouveau nos désirs d’avenir et de longévité…

Académiquement, l’Ardèche se situe dans le Dauphiné… Il est donc normal que notre Président présente un dauphin, Philippe Auzas. En cette période de modernisation des statuts, son passé d’avocat lui permet d’avoir un regard pointu sur l’aspect administratif de l’association. Qu’il en soit remercié !

Quant aux CA, le premier appartient au passé, les autres sont déjà programmés jusqu’à la fin de l’année, même si des changements sont toujours possibles : le 12 janvier 2017, le 11 mai 2017, le 21 septembre 2017 et le 16 novembre 2017.

Pour le moment, nous avons moins de cotisations, mais l’année en est encore à son début ; à la date du 7 mars 2017, nous avions :

o   Nombre de cotisations reçues : 69 cotisations

o   Nombre d’adhérents : 108 membres

o   Dont nouveaux adhérents : 5 cotisations soit 8 membres

 

Convivialité :

Pour la convivialité, le premier repas était le lundi 30 janvier. La sortie d’été est prévue pour le 3 août et le repas de rentrée sera en octobre, mais la date n’est pas encore arrêtée.

Bien sûr, nous renouvellerons comme chaque année la sortie au cirque pour les petits Ardéchois qui seront demain les membres de notre association. Cette sortie se fera le 1er ou 2nd dimanche de décembre.

 

Découverte du patrimoine ardéchois :

La sortie d’été se fera le 3 Août, avec la Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de l’Ardèche. Nous irons cette année à Tournon. Mais la sortie étant en préparation, vous trouverez les détails dans le numéro d’été de notre journal.

Nous vous avons déjà proposé une conférence le lundi 30 janvier : À travers l’Ardèche, les chemins de la soie, avec Hélène de Lauzun comme intervenante. Elle nous a beaucoup appris sur le sujet et notamment sur les origines de cette activité. Le thème du repas d’octobre n’est pas encore défini, et nous rappelons à tous que nous étudierons avec beaucoup d’intérêt les propositions que vous pourrez nous faire.

 

Culture :

Nous vous proposons toujours des visites d’expositions, avec Valérie Denarneau Mayer comme conférencière. La prochaine visite aura lieu le jeudi 11 mai à 18 h 45 au musée Marmottan pour l’exposition Pissarro.Pour la suite, les choix d’expositions ne sont pas encore arrêtés.

Et puisque nous parlons culture, n’oublions pas que depuis des années, nous sommes reçus au cœur de l’art, dans le poumon de l’expressionnisme français. Je parle bien sûr de l’atelier de Jean Prévost : 10, impasse Milord, 75018 Paris :

Depuis des années, notre Ardèche Parisienne se trouve dans le Montmartre de Jean et Odile : merci à toi, Jean, d’avoir su mettre de la couleur dans nos pupilles, et à toi, Odile, d’avoir su mettre l’odeur et le goût de l’Ardèche sous le ciel pâle de Paris.

 

Actions mémorielles :

Le 11 novembre à Vernon, l’orateur n’est pas encore défini. Si quelqu’un veut aller porter le flambeau avec sa verve, qu’il se manifeste, merci d’avance. (Attention, en 2020, ce sera les 150 ans. Une proposition particulière pour cette date ?)

 

La communication :

Elle est identique : 4 journaux, un site internet, une miss Ardèche : Aude Ladreit de Lacharrière, petite-fille d’Annick et Gérard Ladreit de Lacharrière ;

Philippe Auzas envisage cette année une participation avec quelques membres sportifs à la course cycliste : l’Ardéchoise.

 

L’entraide solidaire ardéchoise :

Toujours les bourses…

 

La vision de l’avenir (boite à idées) :

  • Une proposition pour les bourses : plutôt que deux diplômés, pourrait-on aider un bachelier et une entreprise qui démarre, ou un projet de restauration. En effet, chaque année, les primés disparaissent, souvent quittent l’Ardèche. Aider une jeune pousse, ou un projet de remise en état d’un bâtiment, ce serait avoir la reconnaissance d’Ardéchois qui y construisent leur avenir.
  • Faire un pot en début d’année pour drainer de nouvelles têtes, de nouveaux Parisiens, pour rencontrer les nouveaux membres…
  • Trouver des rubriques pour le journal en adéquation avec les intérêts d’un public plus jeune.

 

 III) Les partenaires

 Enfin, pour terminer, je voudrais remercier les partenaires qui nous ont aidé aussi bien en 2016 qu’en ce début d’année 2017 :

  • Axel Pailhes, des Salaisons de Jastres à Lavilledieu,
  • Les maisons Imbert et Sabaton pour leurs crèmes de châtaigne.
  • Jean Michel Delubac
  • La Remise à Antraigues, nous a offert les saucissons, caillettes, terrines et saucisses.
  • UVC Ruoms
  • sœurs Chapuis
  • Patrice Caillet
  • JR Chazallon
  • Laurent Haond/Hermès
  • Cl. Hédin
  • B. Rigaud Juré
  • G. Chaurand
  • Charcuteries Puzzi à Lanarce
  • Béatrice Rigaud Juré et La municipalité de Versailles.

 Je voudrais aussi saluer Pascal Mallen-Barret et Vignesh R,les créateurs ardéchois de robes qui ont présenté leur travail et qui ont habillé les miss Ardèche 2015 et 2016 le jour de l’élection.

 

Conclusion

Pour le court terme :

  • Trouver une nouvelle adresse pour l’association, puisque Odile et Jean qui ont des années d’amour à cacher, ont décidé d’aller se mettre au vert en Ardèche.
  • Attirer de nouveaux adhérents issus des nouvelles générations ; notre rôle n’est pas seulement de savoir l’Ardèche, mais aussi de transmettre l’Ardèche. Transmettre, ce n’est pas seulement regarder derrière, mais c’est mettre ce qui est derrière devant. Ce rôle très important de notre association n’est pas le plus facile, mais il ne faut pas le négliger.

 Notre association a été créée en 1890. Elle vient donc d’avoir 127 ans. Rappelons, pour comparaison, que Jeanne Calment, la doyenne de l’humanité, est décédée à 122 ans, à deux cents kilomètres du sud de l’Ardèche ! Mais si nous avons aussi une admirable longévité, « nous » ne sommes pas une veille dame : Les Ardéchois à Paris doivent regarder le futur. Alors, prenons aujourd’hui un pari : si chacun d’entre nous faisait adhérer au moins un membre nouveau, nous serions deux fois plus !

Mes chers Compatriotes, je n’ai qu’une chose à vous dire : au travail !

Benoît Pastisson

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LES CHIFFRES CLEFS DE L’ARDÈCHE

Le mardi 28 mars dernier, le journal Les Echos a publié un cahier spécial : l’Audit de la France. Dans ce cahier, l’un des chapitres est intitulé : Territoires, La fracture.



Plusieurs articles dans ce chapitre illustrent ce thème :Des métropoles toujours plus puissantes, les industries désertent les campagnes, le très haut débit creuse la fracture territoriales, etc .



Cet article est à rapprocher de l’excellent document qui vient d’ être publié par la CCI ( chambre de commerce et d’industrie) de l’ Ardèche et qui s’intitule Chiffres clés de l’ Ardèche www.ardeche.cci.fr.



Ce document qui illustre, certes, les points évoqués dans le cahier des Echos,  contredit aussi largement, en ce qui concerne notre département, le déclin prétendu inéluctable de la  » France des campagnes  » 

On y apprend, notamment, que l’Ardèche a une population qui augmente ( + 35000 habitants en  quinze ans) ,2 000 créations d’entreprises par an , 106 000 emplois dans l’industrie  etc …



Je vous convie donc à lire ce document .

Nous reviendrons bientôt sur ces sujets essentiels pour notre futur .

Philippe AUZAS

 

Cette nouvelle livraison des chiffres clés est l’opportunité de mettre en lumière quelques points forts du département : on y apprend que l’ Ardèche compte 106 000 emplois, plus de 2 000 créations d’entreprises par an, 35 000 habitants supplémentaires en 15 ans, 94 % de ses habitants satisfaits de vivre en Ardèche, et deux classements UNESCO qui lui apportent une notoriété mondiale.

Son tissu économique de plus de 22 000 établissements privés (hors agriculture) se répartit en 2 341 entreprises industrielles, 3 555 dans le BTP, 4 675 établissements commerciaux, et 12 047 entre- prises de services. En emplois, l’industrie pèse 4 fois plus que le tourisme ou l’agriculture, tout en étant moins saisonnière : 1 emploi sur 3 en Ardèche relève de l’industrie. L’ Ardèche est ainsi leader national en autocars/autobus dont ceux à GNV et à motorisation hybride, leader européen en bijou- terie industrielle, et rhône-alpin en production électrique…

Autres faits marquants : les 4 675 commerces ardéchois réalisent un chiffre d’affaires de plus de 2 milliards d’euros. Enfin, avec plus de 15 millions de nuitées touristiques/an, l’Ardèche reste le leader régional du tourisme vert.

Edition 2016-2017

Riche d’une soixantaine d’indicateurs, cette édition des Chiffres Clés de l’ Ardèche est une référence pour tous ceux qui s’intéressent à l’économie ardéchoise.

Une nouvelle cartographie est cette année proposée.

La brochure papier (dans sa version Ardèche, mais aussi dans sa version Rhône-Alpes) est également disponible gratuitement dans les accueils des sites de la CCI, à Annonay, Aubenas et Privas.

 Contact
Guillaume Breton
Document
Chiffres clés de l’ Ardèche 2017

PHÉ-NO-MÉ-NAL  !!!!

Cette photo pour saluer l’exploit d’un Ardéchois de coeur, Robert MARCHAND, qui avec le maillot de l’Ardéchoise , a établi en vélo, au début de cette année, la première performance kilométrique mondiale de l’heure pour les plus de 105 ans.

 

 UN  POÈTE  VIVAROIS  À  LA  COUR  DE  LOUIS  XIV

Charles-Auguste de la Fare (1644-1712)

Qui a pu oser dire que le Vivarais n’est pas une terre de poètes ? Charles Forot (1890-1973) a montré par son propre exemple et par l’innombrable pléiade qu’il réunit autour de lui en son Pigeonnier de 1920 à 1960, qu’une telle affirmation est une ânerie, car c’est tout au long des âges que notre pays s’illustra brillamment dans les Lettres.

Que l’on pense, par exemple, au XVIe siècle, où un contemporain du grand lettré cardinal de Tournon (1489-1562), le poète gracieux François Bérenger de La Tour (1515-1559), né à Aubenas, ami de Clément Marot, se rendait célèbre par ses chants royaux, ses épîtres et ses épigrammes. Et comment ne pas citer un peu plus avant dans le siècle le grand classique agricole, contemporain et ami du roi Henri IV et père de l’agronomie moderne, Olivier de Serres (1539-1619), dont le célèbre Théâtre d’Agriculture et Mesnage des Champs, dans une langue proche de celle de Montaigne, exposait en poète les trois données qui font de l’agronomie un art : science, expérience, diligence.

À peine plus tard, se signalait Pierre d’Avity (1573-1640), gentilhomme, historien et géographe, né à Tournon et dont les Discours ne manquaient pas de poésie, si bien que Victor Hugo n’allait pas dédaigner de les piller abondamment…

Christophle de Gamon (1576-1621), né à Annonay, fit preuve d’un sentiment profond des beautés de la nature pour se consacrer aux Muses rustiques sur les rudes pentes du Haut-Vivarais et sur les bords du Rhône. Jean-Marc Bernard allait se souvenir de lui.

 

Brillant soldat

Celui dont je voudrais vous entretenir aujourd’hui, cher lecteur, si vous me le permettez, sera un personnage très original du XVIIe siècle, contemporain du Roi Soleil : le poète et mémorialiste plein de charme et d’aisance Charles-Auguste de La Fare.

Fils de Charles, marquis de La Fare de Montclar et de son épouse Jacqueline de Borne de Langères, Charles-Auguste naquit en 1644 à Valgorge ; il portait les titres de marquis de La Fare, comte de Laugères, baron de Balazuc en Vivarais. Nommé à dix-huit ans maître de camp du régiment du Languedoc, que son père avait commandé, il fut rapidement présenté au Roi en décembre 1662. Un extérieur agréable, des manières nobles et douces, le fait d’être le protégé de Julie Luciana d’Angennes, la vertueuse Mademoiselle de Rambouillet, duchesse de Montausier, lui procurèrent un accueil des plus favorable à la Cour.

Il accompagna le comte de Coligny-Saligny, en 1664, avec un corps de six mille hommes au combat de Saint-Gothard en Hongrie contre les Ottomans, et serait revenu aussitôt en France, s’il n’avait été blessé lors d’un duel et donc obligé de s’arrêter à Vienne. À l’époque, c’était un crime de participer à un duel, mais l’affaire fut qualifiée de simple rencontre et il put réintégrer le sol natal en 1665. Il devint alors sous-lieutenant de la compagnie des gendarmes de Monseigneur le Dauphin..

Brillant soldat, sa valeur fut reconnue sur les champs de bataille par le grand Condé (1621-1686), prince de Bourbon lui-même et par Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne, maréchal de France (1611-1675), dont il devint l’ami vers 1670, mais sa carrière s’arrêta, car des intrigues de galanterie, notamment avec la maréchale de Rochefort, lui attirèrent les foudres de François Michel Le Tellier, marquis de Louvois (1641-1691), secrétaire d’État à la Guerre, lequel, éperdument amoureux de la dame, brisa tout avancement pour son jeune rival.

En 1677, Charles-Auguste vendit sa charge de sous-lieutenant des gendarmes du dauphin, au marquis de Sévigné. Le 27 novembre 1684, il fut nommé capitaine des gardes du corps de Philippe, duc d’Orléans (1674-1723), futur régent de France, et prêta serment au Roi.

Charles-Auguste s’éprit alors fortement de Marguerite Hessein, dame de La Sablière (1636-1693), qui fut la première dame à mettre du lait dans son thé et qui recevait dans son salon de la Folie-Rambouillet tous les poètes, musiciens, mathématiciens, physiciens du temps. On y rencontrait, entre autres, Charles Perrault, Jean Racine, le gazetier Gédéon Tallemant des Réaux, l’inventeur de la balance à deux fléaux Gilles Personne de Roberval, Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Nicolas Boileau, Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, Jean-Baptiste Poquelin dit Molière, l’éphémère mari de la Grande Mademoiselle Antonin Nompar de Caumont, duc de Lauzun, marquis de Puyguilhem, comte de Saint-Fargeau (1633-1723), le poète libertin Guillaume Anfrie, abbé de Chaulieu (1639-1720) et… Charles-Auguste de La Fare ! Mais Charles-Auguste rompit avec la maîtresse de ces lieux dès 1679…

 

Paresseux et fier de l’être !

Vivement, mais brièvement épris de la tragédienne Marie Desmares, dite la Champmeslée (1642-1698), il se sépara d’elle et se mit à vivre en épicurien, paresseux et amateur de bonne chère. Ses vers, gracieux et faciles, étaient alors à son image. « L’on voit dans ses vers, dit Jean-François de La Harpe (1739-1803), les négligences d’un esprit paresseux, mais en même temps le bon goût d’un esprit délicat. » Ils chantaient les charmes du repos, voire de la paresse, et le plaisir de l’instinct satisfait, et avaient été, selon leur auteur, composés par amusement, comme il écrivait lui-même dans ses Stances sur la paresse : « Présents de la seule nature, /Amusements de mon loisir, /Vers aisés par qui je m’assure / Moins de gloire que de plaisir, / Coulez, enfants de ma paresse. / Mais si d’abord on vous caresse, / Refusez-vous à ce bonheur / Dites qu’échappés de ma veine, / Par hasard, sans force et sans peine, / Vous méritez peu cet honneur .»

Charles-Auguste écrivit aussi le livret d’un opéra, Panthée, dont Philippe d’Orléans composa la musique. Ses Poésies furent réunies en volume en 1751. Ses Mémoires sur les principaux événements du règne de Louis XIV (1715), sont une fine et pertinente collaboration à l’histoire de la fin du grand règne.

Cet homme « formé de sentiments et de volupté, rempli d’une aimable mollesse »  comme le décrivait son ami l’abbé de Chaulieu, s’unit quand même à quarante ans, le 3 novembre 1684, en bonnes et justes noces, à Jeanne de Lux de Ventelet (1667-1691), laquelle lui donna quatre enfants dont : Philippe-Charles de La Fare (1687-1752), quatrième marquis de Montclar et maréchal de France, lequel n’eut pas de postérité mâle, – Étienne-Joseph de La Fare (1690-1741), évêque de Viviers, puis évêque-duc de Laon, – Marie de La Fare, qui épousa en 1706 son cousin Jean-Francois de La Fare-Montclar, également cousin de François-Joachim de Pierre de Bernis, le célèbre cardinal de Bernis (1715-1794), belle figure, esprit brillant, qui jouit dans ses débuts poétiques de l’appui et de l’amitié de Madame de Pompadour, la favorite de Louis XV…

Ce faisant, Charles-Auguste continua de fréquenter les salons littéraires et les Grandes Nuits de Sceaux animées par Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon-Condé (1676-1753), épouse de Louis-Auguste de Bourbon (1670-1736), duc du Maine, bâtard légitimé, fils de Louis XIV (1638-1715) et de Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan (1640-1707). Charles-Auguste partageait avec le duc du Maine l’honneur de faire partie, au château de Sceaux, de l’ordre de la Mouche à miel, parodie de chevalerie dont le symbole était une abeille accompagnée de cette devise : « Piccola si, ma fa pur gravi le ferite »   (« Elle est petite, mais fait de graves blessures »)

Charles-Auguste, ce voluptueux qui s’éteignit en 1712, assez peu vivarois dans son amour de la paresse, était bien représentatif de ces décennies du XVIIIe siècle, où, non sans élégance et grand talent, l’on se laissait aller en dégustant les dernières lueurs de la « douceur de vivre », comme allait dire Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1754-1838), sans se douter du tsunami qui allait secouer la France et toute la civilisation en 1789 et dont, en 2017 encore, nous sommes loin de mesurer toutes les conséquences…

 

Michel FROMENTOUX

 

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