L’Ardèche Parisienne n° 1091: été 2017. Le mot du Président – Prélude à notre sortie d’été : les grandes ombres du château de Tournon – Tournon au coeur de la vallée du Rhône

 

LE MOT DU PRÉSIDENT

Chers amis ardéchois,

Nous nous sommes retrouvés le 8 avril dernier pour une visite exceptionnelle de l’hôtel Matignon et de ses magnifiques jardins. De nombreux jeunes membres de notre association étaient présents. Vous trouverez un compte rendu et quelques photos de cette visite dans ce journal.

Pour notre sortie de printemps, nous avons visité la zone d’aménagement concerté (ZAC) Rive-Gauche accompagné de notre guide Bernard Roth. Vous trouverez également dans ce journal un compte rendu de cette visite.

Le 23 juin nous avons participé à un déjeuner convivial avec le groupe des Ardéchois de la finance. Ce groupe, très dynamique, de plus de 40 professionnels, se rassemble régulièrement sous l’égide de nos compatriotes Pierre de Lauzun et Olivier Chaussy.

Pour cet été, précisément le jeudi 3 août prochain, nous nous retrouverons à Tournon-sur-Rhône lors de notre traditionnelle sortie d’été avec nos amis de la Sauvegarde. Un déjeuner sera servi accompagné d’une dégustation de vins gracieusement offerts par le domaine Courbis et la maison Voge. Vous trouverez ici les toutes les informations vous permettant de participer à cette journée qui, je l’espère, vous réjouira.

Vous trouverez également dans ce numéro un article de Michel Fromentoux sur l’histoire passionnante de cette belle ville ainsi qu’un article sur l’agglomération qui vient d’être créée en janvier de cette année. Cette agglomération doit relever de nombreux défis économiques comme la plupart des villes moyennes de France et plus particuliè- rement de notre département.

C’est justement sur ce sujet que nous nous retrouvons pour notre déjeuner de rentrée qui aura lieu le jeudi 12 octobre prochain dans un lieu qui vous sera indiqué quelque temps avant.

Bien amicalement à tous
Philippe AUZAS

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Prélude à notre sortie d’été :

les grandes ombres du château de Tournon

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 Notre sortie d’été nous conduira, une fois de plus, à traverser Tournon-sur-Rhône et à déguster les bons vins de ce pays bien sympathique du nord de notre département.

Nous visiterons l’imposant château où s’arrêta jadis saint Louis partant pour la croisade. Nous retrouverons le souvenir du cardinal François de Tournon (1 489-1 562), lequel joua un rôle de premier plan sous le règne de François 1er .Grand humaniste et grand lettré, il fonda dans sa ville en 1 536 un collège qui, bientôt devenu université, attira des étudiants de l’Europe entière. C’est aujourd’hui l’un des lycées les plus cotés de France.

Nous entendrons aussi avec émotion parler du dauphin François, duc de Bretagne, (1 518-1 536), fils aîné de François 1er et de Claude de France, qui vint mourir à dix-huit ans dans cette imposante bâtisse. Nous nous souvenons avec quelle sensibilité la très regrettée Juliette Tiébaud, conservateur du château, avait évoqué cette belle figure lors de notre dernier passage à Tournon, il y a quelques années.

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Deux enfants pris en otage

Car l’histoire de ce prince, qui n’eut pas d’enfance et encore moins de jeunesse, est l’un des plus grands drames de l’Histoire de France. Il avait d’abord été, avec son frère cadet, Henri (1 519-1 559), duc d’Orléans, captif de la démentielle construction européenne imposée par le tout puissant empereur Charles Quint.

François 1er, qui avait bien commencé son règne (tout le monde connaît 1 515 : Marignan !), subit ensuite des revers infligés par l’empereur, lequel, non content d’avoir recueilli l’héritage de ses deux grands-pères : l’empereur Maximilien 1er (1 459-1 519) et Ferdinand II (1 452-1 516), roi d’Aragon, soit les Pays-Bas, l’archiduché d’Autriche, l’Aragon, la Castille et Naples…, aurait bien voulu ne faire qu’une bouchée de la France…

Donc, la guerre reprit en 1 523. L’armée française fut vaincue à Pavie le 24 février 1 525 : le roi, héroïque jusqu’au bout, dut se rendre. « Madame, il ne nous reste plus que l’honneur et la vie », écrivit-il à sa mère, Louise de Savoie, demeurée à Paris comme régente du royaume. Le roi fut jeté en prison en août 1 525 à Madrid par Charles Quint.

La souveraineté du roi de France semblait anéantie. Du moins l’empereur le croyait-il, car la subtilité n’était pas la qualité première de ce Habsbourg, fourbe rejeton de marchands flamands et bourguignons, ignorant le sens de la grandeur. En France, l’union du roi capétien malheureux et de son peuple demeura intacte ; la régente eut l’habileté de négocier avec le roi d’Angleterre Henry VIII (1491-1547), qui changea de camp.

Or, à Madrid, François Ier toujours plus maltraité, tomba malade, mais il refusait obstinément d’abandonner la Bourgogne exigée par Charles Quint, lequel n’oubliait pas qu’il était l’arrière-petit-fils de Charles le Téméraire. Puis, sous la contrainte, François 1er signa le 14 janvier 1 526 le traité de Madrid stipulant qu’il cédait la Bourgogne…

François 1er offrait en outre ce qu’il avait de plus cher : ses deux fils (le dauphin François, huit ans, et Henri, sept ans) en garantie de l’exécution du traité. François 1er s’engageait à épouser Éléonore de Habsbourg (1 498-1 558), veuve du roi du Portugal, Manuel 1er, sœur aînée de Charles Quint, donc à devenir le beau-frère de celui-ci !

François 1er, enfin libéré, alla à la rencontre de sa mère qui lui amenait les deux enfants royaux pour que l’échange se fît sur la Bidassoa (frontière espagnole). On imagine le tragique de la scène : le roi ne put retenir ses larmes ; il promit à François et à Henri de les faire bientôt revenir en France, puis il les bénit. Leur captivité allait durer quatre ans !

L’empereur, malgré les apparences, venait tout simplement de se laisser rouler : dès son retour en France, François 1er, qui ne pardonnerait jamais au Habsbourg d’avoir dû mentir et s’avilir pour sauver la France, s’empressa de réunir à Cognac, sa ville natale, une assemblée déclarant la Bourgogne inaliénable et le traité de Madrid contraire au serment du sacre dans lequel le roi se déclarait garant de l’intégrité du territoire. Le traité était inapplicable.

Contre l’impérialisme de Charles Quint, le roi de France réunit au sein de la Ligue de Cognac le pape, le roi d’Angleterre, et plusieurs princes souverains d’Europe. Le vaincu de Pavie remportait en l’espace de quelques mois une revanche diplomatique éclatante !… Charles Quint en fut outré. Il s’obstina à garder prisonniers les deux enfants royaux, malgré la rançon que proposait François 1er.

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La paix des Dames

Deux grandes dames débloquèrent la situation : Marguerite de Habsbourg (1 480-1 530), tante de Charles Quint, fille de l’empereur Maximilien 1er, et Louise de Savoie (1476-1531), mère de François 1er, lesquelles se rencontrèrent à Cambrai le 5 juillet 1 529.

L’heure était grave : il y allait de la vie des deux enfants du roi enfermés depuis quatre ans dans un morne château de Castille, sous la garde d’un geôlier sans cœur (un certain marquis de Berlanga), sans serviteurs, dormant dans une tour sans lumière sur de simples paillasses et ne sachant presque plus le français…

La paix, dite paix des Dames, fut signée à Cambrai le 13 juillet 1 529. Les dames avaient su trouver un compromis qui conservait la Bourgogne à François 1er, lequel, en contre-partie, devrait céder ses droits sur Milan, Naples et le comté d’Asti. Le roi devrait en outre verser deux millions d’écus pour le rachat des Enfants de France.

Il fallut trouver les sept tonnes d’or que représentait cette somme : l’Église y contribua pour beaucoup. François 1er, sa mère et sa sœur s’étaient déjà portés à Bordeaux, mais le roi avait une telle hâte de voir ses fils et sa promise Éléonore qu’il courut les rejoindre le 1er juillet à Villeneuve-de-Marsan. Les petits princes (alors douze et onze ans) avaient perdu leur teint florissant et leur gaieté, mais François 1er, les voyant, pleura et rendit grâce à Dieu.

Charles Quint triomphant, n’avait pas de quoi être fier. En revanche, la France sortait grandie de l’épreuve : elle incarnerait désormais pour de longs siècles l’équilibre européen contre l’hégémonie des Habsbourg.

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Mort trop jeune

Ne quittons pas le dauphin François, douze ans, sur lequel le sort n’avait pas fini de s’acharner. Il n’eut que le temps d’être nommé, à dix-huit ans, avec son frère Henri, à la tête des troupes françaises qui tentaient de reconquérir la Savoie, quand il fut pris d’un malaise à Lyon, après avoir disputé une partie de paume.

Le jeune François avait eu très chaud, il avait alors bu dans une cruche d’eau glacée que lui tendait son secrétaire Sébastien Montecuculli, d’origine italienne. Quatre jours après, le 10 août 1 536, il mourut au château de Tournon, en présence d’un page âgé de douze ans, Pierre de Ronsard, qui devait écrire plus tard : « Six jours devant sa fin, je vins à son service./ Mon malheur me permeit qu’au lict je le veisse/ Non comme un homme mort, mais comme un endormy, / Ou comme un beau bouton qui se penche à demy.[1] »

Le roi pleura et fit appeler son cadet Henri, nouveau dauphin, futur Henri II : « Mon fils, vous avez perdu votre frère et moi mon fils aîné. Gardez la mémoire de l’amour qu’il avait déjà acquise envers les grands et les petits. Mettez peine de l’imiter, en sorte que vous le surpassiez et de vous faire tel et si vertueux que ceux qui aujourd’hui languissent du regret qu’ils ont de lui, recouvrent en vous de quoi apaiser ce regret.» Le roi ne pouvait donner un meilleur modèle au futur Henri II que ce frère, qui ressemblait tant à leur grand-père Louis XII, père du peuple…

Nous aussi, nous aurons au cours de cette journée tournonnaise lune pieuse pensée pour ce dauphin malheureux qui ne fut jamais roi.

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Une héroïne romantique

Le château de Tournon garde aussi l’empreinte de la belle et malheureuse Hélène de Tournon, fille de Just II, seigneur de Tournon (1510-1557), et de son épouse Claudine de la Tour d’Auvergne. Hélène fut l’héroïne romantique avant la lettre, la belle demoiselle d’honneur de la reine Marguerite de Valois (la « reine Margot ») avant de revenir toute jeune mourir d’amour à Tournon. Elle fut un prototype pour Shakespeare dans Peines d’amour perdues et aussi l’Ophélie d’Hamlet, selon Abel Lefranc dans son livre publié dans la Collection du Pigeonnier en 1926. Pierre de Ronsard, qui semble avoir assisté au dernier soupir de la belle, allait écrire plus tard une Ode à Hélène.

Telles sont les grandes figures qui nous accueilleront à Tournon le jeudi 3 août. Pressons-nous d’aller à leur devant.

Michel FROMENTOUX

[1]Œuvres complètes de Pierre de Ronsard, texte de 1578, par Pierre de Nolhac. Collection Sélecta des classiques Garnier, 1944.

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TOURNON AU COEUR DE LA VALLÉE DU RHÔNE

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Michel Fromentoux m’a suggéré au regard de son aperçu historique et « des grandes ombres du château de Tournon » d’évoquer la ville d’aujourd’hui et notamment l’économie et le devenir de son agglomération .

Je me suis rendu à Tournon en février de cette année pour rencontrer l’office du tourisme et commencer à préparer notre visite de cet été.

 La première impression, après avoir quitté l’A7 et traversé le pont de Tain-l’Hermitage, c’est que l’entrée de la ville est avenante et n’est pas défigurée par les grandes surfaces comme c’est, hélas, souvent le cas dans notre département.

Après s’être garé sur le parking ombragé jouxtant le Rhône, on est en quelques mètres dans le centre-ville et ses 200 commerces aux pieds de la collégiale et du magnifique Châteaux.

Tournon est au cœur de la vallée du Rhône. C’est la troisième ville de l’Ardèche par sa population de 10.545 habitants. Elle s’étend sur 21 km². L’essentiel de son activité (67 %) et de nature commerciale. Comme l’ensemble de notre département, la population de Tournon a augmenté considérablement depuis le dernier recensement de 1999 : + 12 %.
Son taux de chômage de 15,2 % est supérieur à la moyenne nationale mais la ville conserve de nombreux atouts pour se développer.

L’équipe municipale est dirigée par le maire Frédéric Sausset.

Selon le bulletin municipal du mois de février, trois projets importants doivent être menés à bien cette année:

  • La démolition de l’ancienne friche industrielle ITDT (impressions textiles de Tournon, société mise en liquidation judiciaire en 2010) et qui défigure l’entrée nord de la ville.
  • La réhabilitation de la halte fluviale élément important du développement touristique et  commercial de la ville.
  • L’étude de faisabilité d’une médiathèque intercommunale.

Au-delà de ces projets portés par la municipalité, de nos jours, une ville comme Tournon ne peut s’appréhender qu’à l’aune de son bassin de vie. C’est d’autant plus vrai pour Tournon que sa position centrale sur le Rhône la rapproche des communes de la Drome et notamment de Tain-l’Hermitage.

Qu’est-ce qu’un bassin de vie ?

Selon l’INSEE, c’est le plus petit territoire sur lequel les habitants ont accès aux équipements et aux services les plus courants.

La France est ainsi divisé en 1666 bassins de vie dont 379 sont considérés comme des bassins urbain à l’instar de Tournon.

Le bassin de vie de Tournon englobe ainsi 24 communes. Par comparaison Le bassin de vie d’Aubenas en inclut 91.

Tournon s’insère aujourd’hui dans deux schémas administratifs qui vont avoir un impact sur son développement futur :

  • La création de la communauté d’agglomération de l’Hermitage Tournonais dénommée Arche Agglo ;
  •  la mise en place du Schéma de cohérence territoriale (SCOT) du grand Rovaltain.

Depuis le 1 er janvier 2017,

l’Hermitage-Tournonais s’est regroupé avec le Pays de l’Herbasse et le Pays de Saint-Félicien pour former une nouvelle communauté d’agglomération composée de 41 communes et de près de 56 000 habitants. Cette nouvelle communauté d’agglomération est un établissement public de coopération intercommunal (EPCI). Elle dispose de compétences et de moyens qui proviennent des communes s’y rattachant. Elle vote et exécute son propre budget. La distinction principale entre un EPCI et une collectivité territoriale réside dans leur étendue et la nature de leurs compétences (obligatoires, optionnelles ou facultatives).

Cette fusion entre les trois communautés de communes précitées pour former la nouvelle communauté d’agglomération a été créée par un arrêté préfectoral. Elle doit disposer d’un organe délibérant, composé de 71 conseillers communautaires désignés par les conseils municipaux. Ces élus ont la charge de former un exécutif et un bureau.

Le président de l’agglomération est le maire de Tournon Monsieur Frédéric Sausset .

Ce territoire a de nombreux atouts :

Il est idéalement situé dans la vallée du Rhône sur la RD7 à 1h de Lyon, 1h d’Avignon et est à égale distance des villes de Valence et de Romans sur Isère (axe grenoblois)

Il s’articule autour de deux centres urbains qui se font face : Tain l’Hermitage et Tournon sur Rhône.

Il est en outre desservi par des voies de communications majeures comme l’autoroute A7 ainsi que par les lignes ferroviaires LGV Rhône-Alpes et LGV Méditerranée. Etre à 15 min de la gare TGV de Valence représente un atout pour le développement d’activités.

Situé sur la façade rhodanienne du Département de l’Ardèche et de la Drôme, le territoire de la Communauté de communes est partagé en deux parties : le sillon rhodanien qui regroupe la majorité de la population et le plateau ardéchois.

Le terroir offre toutes ses richesses à l’Hermitage – Tournonais : arboriculture, vignes. Les activités économiques sont donc essentiellement liées à cet aspect. L’agroalimentaire constitue, en effet, un secteur d’activités prépondérant avec les exploitations viti-vinicoles, les activités de transport et d’expédition de fruits, le chocolat (Valrhona) et les grands groupes de conditionnement de viande (J. Rozé).

Au-delà de l’agro alimentaire, le secteur du BTP, de l’industrie (Mecelec, Trigano, Sodimas, par exemple) et des services (transports, logistiques) sont également bien présents.

Toutefois pour le développement de la ville que nous allons visiter le document essentiel est le » SCOT « 

Le schéma de cohérence territoriale, abrégé SCOT est un document d’urbanisme qui détermine ,à l’échelle de plusieurs communes ou groupements de communes un projet de territoire visant à mettre en cohérence l’ensemble des politiques sectorielles en matière d’habitat de mobilité , d’ aménagement commercial, d’ environnement et de paysage . Il a été instauré par la loi SRU du 13 décembre 2000. Le code de l’urbanisme fixe le régime des SCOT.

 Le SCOT applicable à l’agglomération Tournonaise est le SCOT dit du grand Rovaltin. Ce document est exécutoire depuis le 17 janvier 2017.

L’organisme qui est chargé de sa mise en oeuvre est le Syndicat mixte constitué des agglomérations de Tournon (ARCHE AGGLO), de Valence Roman (AGGL) et Rhône Crussol.

 Nous avons retenu quelques points critiques concernant la politique de la ville, tels qu’ils résultent du document d’orientation et d’objectif du SCOT :

 Reconstruire la ville sur la ville:

 Cela veut dire optimiser le tissu bâti existant pour limiter l’étalement urbain. Concrètement les PLU (plans locaux d’urbanisme) ne doivent pas entraver la mobilisation du potentiel de densification et de renouvellement urbain des communes.

Le corollaire de cette politique est de préserver les espaces agricoles et naturels, mais aussi de reconquérir le parc vacant d’habitations et de commerces pour limiter la consommation foncière.

En ce qui concerne les commerces il faut redéfinir les objectifs et les conditions d’implantation.
Les logiques d’aménagement commercial rencontrées ces dernières années, peu encadrées par les réglementations d’urbanisme, ont augmenté le taux de vacance commerciale dans les centres villes de l’Ardèche. C’est vrai à Annonay, à Aubenas et aussi à Tournon. Le SCOT, par exemple, indique que les surfaces commerciales inférieures à 400 m² (au plancher) doivent s’installer si possible en centre-ville plutôt que dans les zones d’activités situées à l’extérieur. D’une manière générale tous les plans d’urbanismes des villes moyennes comme Tournon vont favoriser la protection puis la renaissance des centres-villes.

 Un chapitre intéressant de ce document d’orientation concerne la mise en valeur du patrimoine architectural. Est abordé, par exemple, pour la préservation du patrimoine bâti, le concept de « silhouettes » de ville et de village. « La préservation de la perception visuelle des silhouettes des villages patrimoniaux doit être intégré dans les documents d’urbanisme. » C’est ainsi qu’est abordée la protection des paysages qui entoure la ville et notamment la protection des coteaux viticoles.

 Cela concerne directement Tournon comme nous le verrons ensemble sur place.
Il est notamment précisé qu’il faut encadrer qualitativement et limiter l’extension urbaine des pentes où se situent les vignes et lutter contre le mitage des coteaux viticoles.

 Enfin on ne peut pas parler de l’économie de Tournon sans parler du tourisme.

L’addition des paysages des collines dominant le Rhône, la gastronomie locale et les grands crus glorifiés par Robert Parker (1), l’architecture emblématique que constituent le château, la collégiale et le pont de l’ingénieur Seguin sont des éléments qui constituent un patrimoine touristique remarquable (2).

 Les croisiéristes du Rhône, clientèle en grande partie étrangère à forte valeur ajoutée ne si sont pas trompées, qui organisent des soirées sur la terrasse du château, vont dans les bons restaurants de la ville ou passent une nuit dans le très bel hôtel de charme qui a ouvert en 2016.
Les responsables de l’animation du château ont insisté sur l’importance que constitue maintenant cette manne pour la ville.

 Nous nous retrouverons donc le 3 août prochain

pour célébrer cette ville.

Philippe AUZAS

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(1)       Critique en œnologie de référence aux Etats-Unis qui a considérablement promus les vins des côtes du Rhône.

(2)       Un livre appelé à faire date, « l’enrichissement, une critique de la marchandise » par les sociologues L.Boltansky et A.Esquerre (Gallimard) analyse le concept de « Patrimonialisation » et l’enrichissement créé par la combinaison d’un patrimoine et d’une histoire.

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